Le mont Bromo



6/12/09

Je dis au revoir à la charmante ville de Solo et prends le train de Surabaya de bonne heure. Arrivée dans cette ville portuaire – sans charme à mon avis – vers midi. Chaleur écrasante et bruit étourdissant de la circulation.

Je me mets en recherche d’un transport pour Probolinggo, départ classique pour l’ascension du mont Bromo. Il y a bien un train, mais il part un peu tard. Je trouve finalement un bus public qui part tout de suite.

Hélas, j’arrive un peu tard à Probolinggo pour trouver un transport collectif du genre bemo, un bus miniature d’env. 12 places, faute de passagers – un bemo ne part qu’une fois plein (comme certains confrères que je ne nommerais pas…). Je suis obligé de faire appel à une moto, mon bagage devant et moi derrière le pilote.

Commence une montée un peu stressante: ce n’est qu’une petite 110 ccm. Je dois même descendre  dans un raidillon.

On arrive tout de même sans autre problème et avant la nuit au village le plus haut: Cemoro Lawang.

Ce village s’accroche carrément sur le bord d’une grande caldera au centre de laquelle se trouve l’ancien volcan de Bromo: un cône bien comme on s’imagine un volcan!

A côté se trouve un grand cratère assez actif: faut bien que la pression puisse s’évacuer…

L’hôtel est tout juste convenable et, puisque les gens ne redescendront pas si tard á Probolinggo, pas vraiment économique.

J’étais obligé de mettre le holà, tellement mes poches se vidaient: supplément ceci et cela, entrée du « parc naturel », Jeep en colocation, doudoune, protection pluie et j’en passe. Une machinerie bien huilée, quoi.

La dernière lumière du jour me permet quelques photos:

Bromo

le cratère actif

demain, on fera d’autres. Dîner et dodo!

7/12/09

Le reveil sonne vers 3h, cela fait une nuit un peu courte, que ne ferait-on pas pour voir le volcan le plus photogénique du monde au levre du soleil.

On s’entasse à 7 dans le tout-terrain et ça part. Heureusement on est parti sans le petit déj, ça chahute…

Sur le pic « d’observation », il y a foule et on doit déjà se frayer un chemin à travers d’une bonne centaine de Jeep (j’exagère, se sont des Toyota en échappement quasi-libre) jusqu’au point culminant.

Malgré toutes mes appréhensions, j’arrive à dénicher une « trouée » par où pointer mon objectif. Je fais pas mal de photos en attendant « la lumière » qui donnerait « l’image de l’année ». Ne parlons pas du cadrage, la marge est très étroite quand on se trouve sur un pic à flancs très raides.

Bromo à l'avant plan, d'autres volcans plus loin

Tandisque tout le monde attend encore le moment pour « sa photo », je déniche un warung qui veut bien me servir un thé bien chaud à cette heure matinale.

Toute la caravane descend maintenant dans la caldera au pied du cratère actif. La montée peut s’effectuer pour une bonne part à dos de cheval, après, ce sont quelques quatre cent marches jusqu’au bord du trou. Déception: on ne voit rien, une épaisse fumée cache les entrailles de la terre.

Voici quelques clichés scéniques depuis la caldera.

les escaliers vers le cratère

la horde sauvage de la caldera

Franchement, la vue est meilleure depuis le village!

On remonte à celui-ci vers 7h30. J’ai le temps de prendre une douche, faire les bagages et prendre un petit déjeuner avant de redescendre sur la côte à Probolinggo.

Là, je suis confronté à un problème de transport inattendu. Il trouvera sa solution…

de Probolinggo on va à Ketapang sur la côte est d’où part le ferry pour Bali, Gilimanuk.

Mon itineraire sur Bali sera le suivant:

mon itineraire sur Bali

Solo et environs

Solo

Solo, anciennement Surakarta, ville royale, s’avère agréable. Mon hôtel est assez central, près de l’artère est-ouest, entre le Kraton (palais royal) et le palais (puri), plus récent. Le puri est toujours habité par la famille royale et ne se visite que partiellement. Il y a souvent des spectacles de danse et de musique.

Le Kraton est principalement un musée. Une autre partie est priveé

La rue Ryadi est l’axe est-ouest de la ville et permet de s’orienter facilement. Les petites rues, animées jour et nuit, du centre invitent le visiteur à flâner, du marché aux fruits à celui des oiseaux. Partout, il y a des Warung où se restaurer ou boire un jus de Mangue délicieux et cela à bon prix.

5/12/09

excursion à Cethu et Sukuh

Mon hôtel organise des excursions vers des temples des environs. Ce qui m’intéresse, ce sont les temples hindou de Cethu et de Sukuh. Ces deux temples se trouvent sur les flancs du mont Lawu, à une quarantaine de km au nord-est de la ville. Je saisis l’occasion.

On part sur le coup de 8h à deux, mon chauffeur et moi.

La ville derrière nous, ça commence sérieusement à grimper. Il y a de beaux villages dans les vallées.

vue sur une belle vallée

Il y a beaucoup de plantations de thé ici, le climat s’y prête.

les femmes et leur récolte de thé attendent le camion

Finalement, en rentrant pratiquement dans les nuages, on arrive au temple le plus haut situé:

Cethu

C’est un temple montagne d’une architecture très massive. Une curiosité: les portails ne sont pas fermés par une arche mais coupés en deux moitiés. Comme le montre cette vue prise depuis le sommet.

terrasses de Cethu

Mais je bouscule un peu l’ordre des choses: il faut d’abord monter et c’est très dur!

Les premières marches des escaliers entre les niveaux sont souvent des tortues. Elles sont bien usées, les pôvres.

tortue

Sur un niveai intermédiaire on voit un pavage représentant le soleil qui se termine en tête de tortue.

tortue soleil

Il y restent assez peu de sculptures dans ce temple, mais voici une tête très émouvante:

sculpture

La redescente se fait, avec toutes les précautions, plus rapidement – heureusement!

Nous reprenons la route en descendant un peu dans la montagne, vers Sukuh.

On s’arrête en chemin pour prendre  un verre de thé et pour goûter quelques spécialités du coin:

  • riz gluant fermenté en feuille de banane (pas abuser!)
  • tapioka fermenté
  • tempe: graines de soja écrasées en beignet à base de tapioka
  • graines de soja sucrées, entourées de riz gluant et cuites à la vapeur dans une feuille de banane.
  • Krupuk, le « popcorn » indonesien à base de tapioka et crevettes.

Sukuh

Ce temple, aussi, est de forme très massive. La construction de la dernière terrace est carrément une pyramide. Là-haut, les escaliers sont étroits, je passe à peine, et extrêmement raides – des marches de 50 cm de haut. Allez, hisse!

Le statuaire est beaucoup plus riche qu’à Cethu et, compte tenu du fait qu’il s’agit d’un temple de la « fertilité », souvent évocateur, voire provocateur.

gardien du temple

Un beau Garuda, sans tête et plein de bas-reliefs.

dieu oiseau

un relief parmi beaucoup d'autres

On passe non sans étonnement une statue sans tête mais très bien équipé en ce qui concerne le reste.

sans tête...

En grimpant au niveau suivant, on est soudainement confronté à des tortues géantes. On dirait une attaque des tortues ninja!

les tortues ninja attaquent

La vue depuis le sommet plat de la pyramide serait formidable sans les nuages…

vue des terrasses

En guise de vue limitée, je vois mon guide-chauffeur qui, sans avoir monté plus haut que le deuxième niveau, semble bien fatigué.

c'est leguide qui est fatigué

Nous descendons enfin dans la plaine (riz, soja, canne à sucre, tapioka). Et on s’arrête à un établissement artisanal de production d’arrak. Les moyens de production sont des plus simples: tonneaux de fermentation du jus de canne, d’autres tonneaux pour la distillation.

distillation artisanale

Le produit est un peu rugueux, mais ira bien avec un jus de fruit…

La halte suivante est la forge des gongs, importants dans un orchestre gamelan. Dans la forge même, c’est l’enfer. Le rond de bronze est chauffé au rouge sur les charbons,

naissance d'un gong

puis martelé par un groupe de trois forgerons pendant dix minutes,

les vaillants forgerons

puis remis à chauffer. De le poussière de charbon partout, ça se voit bien sur les photos au flash.

Entretemps les forgerons sortent de l’enfer et se passent de l’eau sur leur tête.

Ensuite, il y a la finition:

commence la finition

Il faut bien une semaine pour finir l’instrument et l’accorder!

L’étape suivante est la fabrication du Krupuk (chips craquants de tapioka aux crevettes ou à l’ail). C’est bien bon!

La-dessus nous sommes bloqués par un orage de fin du monde, impossible de rejoindre la voiture; tant pis, on mangera encore de ce Krupuk délicieux.

On rentre à l’hôtel, un déjeuner léger et une bonne sieste s’imposent!

5/12/09

Kraton et Puri Mangkunegaran

Décidemment, plus on va vers l’est de Java, moins il y a de pluie! Ce beau matin m’incite à visiter les deux palais royaux de cette ancienne capitale qu’est Surakarta.

Le kraton a éte érigé par la maison des rois Mataram.

Son étendue est énorme, je n’ai mis pas moins de 20 min pour seulement traverser la place devant l’entrée et la salle des grandes cérémonies – et on est toujours en-dehors…

Le musée occupe une belle cour intérieure ainsi que les salles qui la forment. Presque tous les objets sont sous verre, ce qui empêche de faire de photos convenables. T6out de même, voici quelques unes des pièces exposées.

un gardien aui offre des bananes ?

la caleche du roi

même pas peur

On peut encore admirer la grande et plaisante cour intérieure principale, partiellement hors visite, il y a encore la partie habitée par la royauté et donc invisible.

Le puri, construit par la branche la plus récente de la famille royale le 18ème siecle, est à courte distance du kraton. Plus moderne, plus richement décoré et bien entretenu, il est toujours habité par la famille et la partie visitable forme un petit musée – les collections.

Une charmante guide, imposée, me prend en charge et m’explique en anglais et en français l’histoire des objets exposés.

Sous le hall d’entrée, un orchestre gamelan au grand complet donne un concert:

les grands gongs de l'orchestre Gamelan

Parmi les objets de la collection il y a de magnifiques masques de danse:

masques

Une salle est réservée à la collection de krys et d’autres armes mortelles. On y admire un fabuleux étui d’épée en ivoire d’env. 1 m de long. Les minuscules sculptures qui l’ornent sont si finement ciselées que cela quelques photos très rapprochées. Les détails ne font que quelques mm.

detail de sculpture (macro)

autre détail

Là- dessus, midi approche et la chaleur me prive lentement de toute énergie: je rentre à l’hôtel.

Demain, je prendrai le train pour Surabaya et mont Bromo.

Plateau de Dieng

30/11/09

Dieng

J’ai trouvé un minibus qui me dépose directement à Wonosobo sans changement de transport à Magelang. Tout se passe très bien et j’ai tout de suite un autre petit bus faisant la traversée des montagnes vers la côte nord – le plateau de Dieng se trouve tout en haut à mi-chemin entre Wosonobo et Batur. J’arrive à Dieng vers 13h sous une pluie battante mais suis chaleureusement accueilli à l’hôtel Bu Jono où je me restore et prends tout de suite un complément de sommeil. Une éclaircie vers 17h m’invite à une petite promenade vers un des temples proches: le complexe Arjuna. Ce sont des temples hindou datant d’env. 800. Un petit chemin, dallé et bordé de datura et de sureau en pleine fleur qui embaument, me conduit astucieusement par tous les temples, en ruine ou encore debout, de cet ensemble.

datura

complexe d'arjuna

le temps est passé

un linteau a faire peur

La nuit tombante, j’ai l’étrange sentiment d’une présence indéfinissable, certainement le charme de ce lieu. Les mouezzins des villages voisins appèllent à la prière en se donnant la réplique. Ca sonne très bien! J’entame le chemin de retour. Un de mes propriétaires, Didi, me propose d’aller admirer le lever du soleil au dessus des montagnes. Puis une visite de tous les endroits intéressants: temples, cratère, usine thermoélectrique et tout et tout. Son copain va prendre la relève dans l’après-midi. Cette nuit, j’ai eu bien froid et je me lève volontiers à 4h pour le départ dans la montagne. Une grande tasse de thé me donne du coeur et on part. Le jour pointe et nous revèle un panorama extraordinaire: tous les volcans du Java central. La lumière est bonne pendant 15min: je fais chauffer la carte mémoire!

le Jindoro avant le soleil

splendeur de matin

On redescend sur le plateau, qui est tout de même très escarpé pour un plateau et pas plat du tout. En chemin vers le cratère relativement actif on jette un coup d’oeil sur l’usine géothermique. Il y a déjà une vingtaine de puits de vapeur dans la vallée, mais uniquement 4 alimentent la seule turbine pour l’instant: technologie chère. Le cratère est plutôt une solfatara : pas d’émission de roches mais ça glougloute un peu partout et vicieusement. Une odeur de soufre plane partout. Uelqu’un a dû oublier des oeufs après les avoir cuit…

un cratère, juste pour cuire un oeuf

On se dirige de nouveau vers Dieng en s’arrêtant pour les temples éparpillés par ci et par là. Un lac multicolore à cause du fort contenu en composés soufrés vaut aussi le coup d’oeil.

lac vert-jaune-bleu

Un dernier temple ce matin. Les fermiers s’occupent de leur champs: des pommes de terre partout sur de toutes étroites terrasses – tout le plateau de Dieng est ainsi exploité. Ils font trois récoltes par an: tout pousse ici à grande vitesse. Mais cette culture demande un lourd labeur: même la terre doit être remonté pour réparer les terraces. Et, ca monte! Deuxième culture ici: le choux blanc, je n’ai jamais vu des têtes aussi énormes! Le plateau compte les fermiers les plus riches de la région centrale. Les engrais sont certainement biologiques, cela se sent, mais on utilise encore beaucoup d’insecticides. Espoir: un mouvement pour la culture bio rassemble de plus en plus d’agriculteurs autour de lui,tant mieux! L’excursion de l’après-midi est un peu écourtée par la pluie, mais j’ai tout de même profité d’un bain bienfaisant dans une cuvette d’eau thermale: relaxant!!! Evidemment, cette « salle de bain » en plein air est le point de rassemblement des fermiers du village voisin; bébés, garçons et filles font leur toilette sous l’oeil vigilant des parents qui font de même.

un bain de (grande) famille

coup d'oeil sur la vallee vers Wonosobo

ils sortent du bain: tout propres

Je rentre avec mon guide Dui, tout flagada, le bain chaud, le chemin ardu. La journée est fini, à six heures, la nuit tombe.

2/11/09

Wonosobo

Ce matin je vais redescendre à Wonosobo. Je ne m’y suis pas arrêté à l’aller, aujourd’hui je vais rester une journée pour me rechauffer.

Un autre client de l’hôtel me propose de descendre avec lui en voiture. Il pousse la gentillesse jusqu’a me déposer a mon hôtel. Le Petra.

Il n’y a pas grand chose à dire de Wonosobo: une petite ville de province gentille.

3/12/09

Par souci de simplicité, je fais le voyage de Wonosobo en minibus par Yogya.

Solo est une ville intéressante et mon hôtel, le Istana Gryia, très agréable, situé près du Kraton (palais) des rois Mataram.

Yogyakarta, Borobudur et Prambanan

27/11/09

Yogyakarta

J’ai dormi jusqu’à 11h30. C’était nécessaire et bienfaisant! La journée étant déjà bien entamée, je décide de me promener en direction du Kraton (château du sultan), proche. Mais, ce weekend les monuments sont fermés à la visite: ce weekend se tient une des trois grandes fêtes musulmanes. Je dois me contenter de flâner un peu et, la chaleur devenant insupportable, je loue un becak (vélo triporteur, moi devant) et vais visiter un des nombreux ateliers de fabrication de bijoux en argent. C’est un peu la spécialité de Yogya.

des éléments d'un bijou en argent

loupés?

pièce en montage

Là, un orage d’une violence incroyable me cloue (clou d’argent, bien sûr) sur place. Je me fais gentiment offrir un thé et la conversation avec une des vendeuses en attendant la fin du déluge.

Après, retour, toujours un peu humide, vers mon hôtel.

C’est l’heure d’un déjeuner tardif dans un Warung en bord de rue: riz, poulet frit, légumes et un bon thé. Le tout était devant moi dans un temps record!

Le soir, je parle à Jarwo, qui s’est dévoué à mon bien-être, de mes accès de rage de dent. Il me propose d’aller voir un dentiste dans la clinique 24/24. Le docteur n’était pas là (fête oblige) et je prends rendez-vous pour le lendemain.

28/11/09

Le programme est assez chargé aujourd’hui: le matin, cérémonie et défilé de fête des anciens combattants devant le Kraton. Après-midi, visite chez la dentiste et le soir ballet Ramayana au temple de Prambanan.

Le défilé était étonnant. Chaque régiment était représenté par un carré avec orchestre « petit gamelan ». Des uniformes somptueuses, richement passementées et de toutes les couleurs. La marche était exécutée d’un pas très allant: avec cette musique, ce sont des pas de danse! Quelle allégresse!

on attend le défilé

Retour, petit repas aux ailes de poulet frites dans du cocos, croustillantes, et du thé. Et puis, il est temps d’aller voir la dentiste.

La raison de mes maux est révélée par la radio: la dent de sagesse pousse contre la dent douloureuse. Celle-ci fait savoir sa colère. Le docteur traite la carie un peu plus en profondeur (il est vrai, à l’hôpital militaire précédant, on était pas très bien éclairé). A Yogya l’équipement est un peur moin sommaire. Terminé et traitement analgésique+antibiotique: Aujourd’hui, le 30, je peux oublier pour l’instant cette mauvaise passe.

Le soir.

Le ballet Ramayana, forme d’art indonésienne par excellence, a lieu dans le centre le plus réputé de cette discipline: sur les lieux du temple Prambanan. Excellents danseurs aux gestes fins et expressifs, des costumes magnifiques et un gamelan de premier rang. Seulement les chants occasionnels passaient un peu moins bien. A vrai dire, j’aime bien cette musique très rythmée (entre nous Philip Glass n’a rien inventé avec sa musique répétitive…)

L’histoire a invariablement et toujours les mêmes protagonistes, très typés: le prince Rama, bon mais un rien « macho », son concurrent, très mauvais garçon, La belle princesse Yana, l’oiseau dieu Garuda et le roi des singes. On se tue à coup de flèches magiques. A la fin, tous les mauvais sont morts et le couple est enfin réuni. C’est un conte dansé dont les Indonésiens ne se lassent pas.

un gamelan en pleine action

grand debut

me voilà

combat

pas si statique que cela...

re-combat

mort de l'oiseau

Après, pour moi, pas question de faire la noce: demain on se lève à 4h pour être au légendaire temple de Borobudur au lever du soleil.

29/11/09

Borobudur et Prambanan

Le réveil sonne inexorablement à 4h, j’ai le temps de faire ma toilette et d’engloutir un thé et manger deux tranches de toast et voilà le minibus qui nous amène vers Borobudur.

Quand nous arrivons, le soleil est déjà levé et malheureusement, pour le photographe, la vue commence à se fermer. J’ai tout de même pu prendre quelques belles images.

Borobudur se trouve dans une plaine entourée de montagnes (anciens volcans). Toute cette plaine a été transformé en un parc magnifique. Un orchestre gamelan s’entraine dans le lointain et mon pas pesant se trouve ainsi allégé.

Ce temple hindou suit fidèlement le modèle des temples-montagne, le mont Méru, siège des dieux. Ainsi ma journée commence avec l’ascension d’innombrables marches.

oh, les marches...

J’ai un peu triché et j’ai fait un quart de tour à chaque plateforme. Côté est, le soleil commence déjà à « taper » dur. Toutes les galérie des étages d’accès sont richement sculptées.

sculptures

Enfin arrivé près du sommet, les architectes on dû résoudre l’éternel problème de la quadrature du cercle: la base est approximativement de forme quadratique avec des décrochements réguliers, tandis que le sommet, un stupa géant est ronde. La solution est un triple cercle de chedis qui semblent porter le stupa.

bouddha regardant les montagnes

Sur un des chedis, ouvert, throne une sculpture du Bouddha, ajoutée bien plus tard apparemment.

Au lointain, un très beau volcan, déjà un peu drapé de nuages:

sa majesté

Hélas, l’heure étant tardive (7h30), il y a déjà un monde fou et forcément assez bruyant. L’impression de foule est d’autant plus sensible que la place en-haut est naturellement limitée.

Je redescends alors, tout en tournant – il m’a semblé que vers l’entrée on peut se désaltérer avec le jus de cocos. C’est une boisson délicieuse et, surtout, par ici,  les noix sont bien pleines!

Je me repose un peu près du gamelan qui joue avec entrain. Le public est jeune.

Je trouve mon chauffeur et le minibus avec difficulté, tellement l’afflux de gens est maintenent important et les parkings nombreux et pleins.

On entame le chemin de retour. Arrêt à deux autres temples hindous, tout petits. Ce sont plutôt des chedis plus grands que d’habitude mais richement décorés.

Si Borobudur est approximativement au nord-ouest de Yogya, Prambanan, à 4 km de la ville, se trouve plutôt au sud-est: traversée de Yogya avec ses encombrements imposé.

Le parc qui entoure Prambanan et également luxueux: des pelouses d’un vert étonnant, parcourues par des chemins en dalles volcaniques, des bosquets et beaucoup de fleurs.

Le temple est partiellement en restauration, on ne peut pas entrer, donc, la visite est forcément écourtée.

le temple principalLe temple principal

mini-famille a Prambanan

Cette famille voulait absolument que je les prenne en photo. Chose faite avec sourire!

Ayant fait pas mal de km à pied et grimpé le mont Mérou, je ne suis pas mécontent de rejoindre l’hôtel.

L’après-midi, quartier libre. Je me repose un peu et prépare mes bagages: demain, je vais prendre le bus vers la ville de Wonosobo, porte d’accès au légendaire plateau de Dieng.

Forets, volcans

24/11/09

Bogor et parc national de Gunung Halimun

Notre tour ne part que vers 10h, ainsi j’ai tout mon temps de visiter les jardins botaniques Kebun Raya. Ce magnifique parc se trouve au coeur de la ville. Il fut créé par le botaniste allemand Reinhardt du temps des Hollandais et non pas par Sir Raffles – légende anglophile ou simplément parce qu’un monument en souvenir de lady Raffles se trouve près de l’entrée principale?

Partout, des chemins pavés de galets décoratifs.

de jolis pavages

On longe le lac principal avec ses plantes aquatiques

de droles d'assiettes

nenuphar

menant à l’arrière de l’ancien palais présidentiel. Accès très restreint à cause du goût très prononcé de Soekarno pour les femmes dévêtues dont les effigies forment l’essentiel de la collection. Sinon, il n’y a pas grand chose à dire de ce bâtiment blanc et massif.

À  l’ouest du lac s’étend un beau jardin à la française, dû à M. Teijsman. De beaux parterres de lys.

une des fleurs du parterre Teijsman

lys

Dans ce coin est également situé le petit zoo – au temps des gouverneurs, on élevait du gibier dans ce parc énorme.

À l’est du lac, on trouve une belle collection d’orchidées, une collection de palmiers très complète et, last not least, une maison de thé – bien venue car après 2h de promenade, je tire la langue. Entre les deux torrents de Bogor qui traversent le parc, on a de belles vues sur des jardins escarpés et de  groupes d’arbres impressionnants.

une belle vue

ici, les fromagers sont a l'aise...

Il est grand temps de rejoindre le 4X4 qui doit nous amener dans le parc naturel, et extrêmement pluvieux, de Gunung Halimun.

On part finalement à 5: l’organisateur, le chauffeur, un accompagnateur (parle l’anglais), une jeune Hollandaise et moi.

Avant de monter, on visite une fabrication artisanale de gongs et d’autres percussions qui constituent les instruments de l’orchestre gamelan. Un de ces instruments, intéressant, est un « xylophone »  en bronze – le Slentem. Un ouvrier est chargé d’accorder les lames en enlevant de la matière avec un racloir en jugeant l’effet produit par l’ouie.

lames presque finies

a l'approche de l'accord

Nous reprenons la route qui monte drôlement en se tortillant: des montagnes russes!

Et voilà la pluie!!!

Elle ne nous quittera pas pendant le temps que nous passons sur ces anciens volcans. La nature  ici est résolument verte, luisante d’humidité. La route entrecoupée par des gorges abruptes, cachée par les nuages très bas. Une nature exubérante!

traversee du torrent

Nous arrivons enfin au village où nous allons passer la nuit. 60 âmes au milieu des rizières, entourées de la forêt pluviale, baignée éternellement dans les nuages.

notre village

La maison en bambou qui nous hébergera s’atteint par un chemin acrobatique dans les rizières, on est au sec et gentiment accueillis.

Mais la vue est dominée par les nuages .

nuages sur les montagnes

Le but cet après-midi est la cascade « du coin », pour arriver en bas de la chute, on descend un chemin un peu glissant par la pluie. Pour moi, la descente était limite. La remontée l’était encore plus. J’arrive à la maison complètement vanné.

beignade dans la cascade

Tandisque je me repose, bien au sec avec un thé à la main, les autres vont remettre ça: bains d’eau chaude à la source thermale en proximité du village.

Nous finissons la journéé avec un dîner indonésien très varié: riz, tofu frit, tofu goût fromage, bakmie goreng, poulet, légumes en salade, thé. Crée en rien de temps par nos guides indonésiens.

Je m’endors au chant en répons des mouezzins de la vallée.

Pas besoin de me bercer.

25/11/09

Puncak et Cipanas

Après la nuit sous la pluie incessante, le matin est « sec » , il ne pleut que légèrement. Il faut attendre notre arrivée à Bogor pour apercevoir un petit soleil timide.

Visite chez un artisan de marionettes en sortie est de la ville. Un travail très long: la tête prend une journée, la marionette complète, peinte et habillée, une semaine. Tout est fait à la main: un coûteau bien affuté et du bois d’un grain extrêmement fin.

marionettes du Ramayana

autres marionettes

le bon dieu oiseau Garuda

Nous roulons maintenant vers l’est vers le col puncak. C’est un passage ultratouristique entre Jakarta et Bandung. C’est le cirque sur la route bordée tout de long par des hôtels de luxe et moins « luxe » et toute sorte de stands de souvenirs et autres restaurants chics et ambulants: tout!

Presque au col, une visite plantation de thé assez opulente – balade et dégustation.

Il commence à faire beau (et chaud).

Après cette contrepèterie facile, on traverse la ville très congestonnée de Bandung, capitale du Java central. Nous la quittons enfin en direction sud vers Cipanas près de Garut.

Fin de cette étape. Les hôtels à Cipanas sont tous reliés à un système de distribution d’eau thermale: chaque chambre a son bassin d’eau bien chaude; le luxe, quoi…

Un repas très soigné avec saté et diverses choses grillées finit la journée.

26/11/09

Gunung Papandayan

Après une toilette de luxe – tout en étant assis dans bain d’eau thermale et un petit déjeûner succinct, nous nous apprétons à monter sur Gunung Papandayan, actuellement le volcan le plus actif de Java (dernière grosse explosion en 2002). Ses flancs sont malgré tout très peuplés, la grande fertilité des terres permet une agriculture très rentable et sans engrais: rien que du bio!

Notre route ne cesse de monter façon montagnes russes en passant par des récoltes de Maïs et de magnifiques têtes de choux. Enfin, à 2600 m, nous arrivons au grand parking des visiteurs. Les nuages sont bas et c’est cuit pour les belles photos.

Nous commençons notre ascension. Le cratère, un peu en contrebas du pic, émet d’épaisses plumes de fumées, certainement nocives.

Hélas, à mi-chemin, j’ai dû m’arrêter: manque d’oxygène et un peu d’intérêt « visuel » – nous sommes dans les nuages. De temps en temps les nuages se déchirent et on est confronté à un paysage de désolation

une veritable desolation

solfatara

De temps en temps on entend des bruits comparables à une cocotte géante ayant atteint la pression limite; pas très rassurant tout ça…

Quand les autres, ayant eu le courage de monter au cratère, me rejoignet au retour, on descend vers le parking – sous la pluie, évidemment.

On retourne vers Garut. En chemin, on visite une très jolie exploitation de riz avec des toutes petites terraces

petite riziere

Après le déjeûner dans un Warung (restaurant plus ou moins ambulant, en bord de route) nous mettons le cap sur Masimalaya.

Nous nous arrêtons une dernière fois pour visiter un village traditionnel dans une vallée profonde. Ce sont des Sundae, éthniquement et bien différents des Javanais habituels. Ce Ils sont pratiquement autonomes et fonctionnent selon un mode social d’entraide – la ville est bien loin et le chemin pour atteindre la route très dur à grimper (400 marches). Moi, j’en ai eu ma claque pour cette journée!

village traditionnel

Là, c’est la fin du petit voyage; je prends le train pour Yogyakarta et nos accompagnateurs rentrent sur Bogor. Quelqu’un de l’hôtel à Yogyakarta a eu la grande gentillesse de m’attendre jusqu’à l’arrivée du train à 2h30 !

Au lit!!!

On part, Java ouest et central

20/11/09

Le départ

Programme chargé!

  • « boucler » les bagages tout en anticipant les réactions des postes de contrôle d’embarquement des différents pays: France, Grande Bretagne, Malaisie et Indonésie.
  • Où mets-je mes médicaments essentiels, coupe-ongle, dentifrice, couteau suisse etc. sans les voir confisqués mais les avoir sous la main quand il le faut? Et je ne parle pas de l’autre risque: perte des bagages enregistrés pendant la première phase,  que j’appellerais « d’approche », comportant 4 vols différents.
  • Fermer la maison: eau, gaz, électricité (les suceurs d’énergie que sont les alimentations des téléphones et autres « veilles ») et mise du chauffage en régime hors gel…
  • Vérifier une dernière fois tous les papiers et titres de transport, dont le plus important est l’argent liquide – il y a toujours quelque chose à payer…
  • Prévenir la voisine d’en face.
  • Remiser la voiture ( les voyages d’une durée de quelques mois posent problème). Merci à Jacqeline et Jacques de me prèter un coin de leur jardin.

Tout s’est bien passé aux contrôles; les Anglais étaient les plus pinailleurs et ont passé ma trousse de toilette au peigne fin:

SUSPECTS:

le « nanotube » de dentifrice de 10 ml, le baume du tigre, le minuscule flacon de pansement liquide et le « sent bon ». Inutile de dire que l’on était bien en-deçà des 100 ml communément admis. Par contre, mes médicaments pour 110 jours – des « tonnes » diraient certains – sont bien passés. Finalement, je n’ai rien laissé en cours de route. Garder son calme et son sourire paye toujours…

La première escale, à Düsseldorf, se passe bien. Pas le temps de s’ennuyer…L’escale de Londres laisse un peu plus de temps – pourtant, ce n’était pas prévu, l’avion avait du retard – et on ne s’envole pour Kuala Lumpur qu’après minuit. Les sièges en extralarge sont un vrai régal (les 150 livres de majoration sont un bon investissement). Avec l’age, on apprécie les petits plus!

Le trajet de notre avion fait que l’on a une courte nuit, une courte journée et encore un peu de nuit, tout cela en 12h; arrivée vers 22 h heure locale.

Mon hotel, réservé d’avance, se trouve près du terminal « low cost » et je suis content d’y arriver!

Le « saut de puce » pour Jakarta se fait sur une demi-fesse et me voilà en Indonesie.

Java et mes routes de voyage preliminaires

J’ai la bonne idée d’éviter Jakarta avec ses 10 millions d’habitants et me trouve un bus  me conduisant directement à Bogor, un peu au sud de la capitale. Hélas, cette ville, réputée la plus pluvieuse du coin, me reçoit avec une douche diluvéenne qui ne s’arrêtera seulement vers 18 h. Je profite de ce temps d’arrêt pour me mettre à l’heure en dormant. La soirée, dieu merci, est sèche.

23/11/2009

Bogor

suis-je bien a Bogor?

Je me réveille avec une rage de dents qui menaçait, il est vrai, depuis déjà une semaine. Une visite chez le dentiste s’impose. Après maintes recherches, ce qui me permet de faire connaissance de la ville, je me trouve à l’hôpital Salak, reçu par un militaire dont le rang devait être au moins celui d’un colonel, au fait, tout l’hôpital grouille de militaires en « camo » vert émeraude, j’attends mon tour devant le cabinet de la dentiste. Elle me trouve une petite carie qu’elle assainit aussitôt. Elle me laisse partir avec une ordonnance pour un antalgique assez efficace, mais sur ma faim: pas question de manger avant 3h. Et il n’est que midi!

J’arrive à m’endormir encore une fois, la rage de dent est calmée. La faim me réveille vers 15h et je me mets en route pour trouver à manger.

Aujourd’hui, il fait très beau sans chauffer trop: agréable!

Je me promène un peu et mange enfin un petit quelque chose: un Gado Gado (mélange de plusieurs légumes avec des cacahouetes et piment pilés, c’est délicieux!

En me baladant, je tombe sur le syndicat d’initiative de la région et me laisse convaincre de m’inscrire à un tour organisé dans le Java de l’ouest, voire central. On verra tout, de la fonderie  de gongs, par les plantations de thé, les volcans, les sources thermales jusqu’aux artisans de marionnettes. On dormira deux nuits dans des parcs nationaux.

Parfait!